lundi 26 avril 2010

American Psycho



4ème de couverture: « Je suis créatif, je suis jeune, […] extrêmement motivé et extrêmement performant. Autrement dit, je suis foncièrement indispensable à la société. » Avec son sourire carnassier et ses costumes chics, Patrick Bateman correspond au profil type du jeune Yuppie des années Trump. Comme ses associés de la Chemical Bank, il est d’une ambition sans scrupules. Comme ses amis, il rythme ses soirées-cocktails de pauses cocaïne. À la seule différence que Patrick Bateman viole, torture et tue. La nuit, il dévoile sa double personnalité en agressant de simples passants, des clochards, voire un ami. Mais il ne ressent jamais rien. Juste une légère contrariété lorsque ses scénarios ne se déroulent pas exactement comme prévu...


J’ai choisi ce livre après avoir découvert la série Dexter, j’avais déjà entendu parler de ce roman mais les références à Patrick Bateman, le « héros » d’American Psycho, ont titillé ma curiosité et j’avais envie de retrouver un peu de l’univers de Dexter. Mais il y a énormément de différences entre ces deux personnages, en réalité, en dehors du fait qu’ils prennent tous les deux du plaisir à tuer, ils n’ont absolument rien en commun, mais je suis contente d’avoir découvert ce roman.
Je dois tout de suite préciser que je n’ai pas lu intégralement les dernières scènes de tortures et de meurtres du roman car j’avais envie de terminer au plus vite, mais je pense en avoir lues suffisamment pour avoir un très bon aperçu du livre. Je dois aussi dire que je suis du genre trouillarde, je ne regarde quasiment jamais les scènes très violentes à la télévision sauf dans Dexter (enfin d’un œil), car je regardais beaucoup de films d’action violents quand j’étais plus jeune et j’ai dû faire une overdose, mais je me suis dit que le texte m’impressionnerait moins que les images. Je m’étais donc préparée à des scènes gores, mais je ne m’attendais pas du tout à ça ! A chaque scène de violence, on se dit que l’on a atteint le summum de l’horreur, mais la scène suivante est toujours plus difficile à lire (d’où mon abandon à la fin). Vraiment je ne pense pas que l’on puisse imaginer des tortures et des sévices plus horribles. Quoiqu’il en soit, j’ai aimé ce livre pour l’univers dans lequel il nous emmène, pour la folie qui est si bien exprimée et bien sûr pour la société qu’il nous dépeint. Alors bien sur, dans ce livre, toutes les femmes sont potiches, vénales et stupides et tous les hommes superficiels et riches, mais c'est un roman que l'on a dû mal à lâcher car il nous emmène là où l'on n'a pas l'habitude d'aller, dans un cerveau malade, pervers et dérangé . L’auteur va jusqu’au bout des choses, ne fait aucune concession et c’est ce qui m’a plu. J’ai aimé être perdue en même temps que le narrateur, m’enfoncer de plus en plus dans sa folie, et entrer dans cette société qui m’était totalement inconnue.
Ça a été une lecture difficile, c’est un roman que je suis contente d’avoir lu mais que je ne relirai pas. Bizarrement, maintenant les scènes violentes à la télé ne me font plus me cacher derrière mon oreiller et c’est bien, j’arrête de demander toutes les 5 secondes à mon mari :« c’est bon, c’est fini, je peux regarder ? » !

Extrait:
"Bon Dieu, Bateman, si tu pouvais voir mon estomac... déchiré. Il n'y a pas d'autre mot.
Complètement décapé... » dit-il d'un air étrangement lointain, attendant que le chauffeur
lui rende la monnaie. « Déchiré. » Il gratifie le chauffeur d'un pourboire minable,
cependant celui-ci se montre sincèrement reconnaissant. « Salut, Dugland », lui lance
Price avec un clin d'œil.
« Vacherie de vacherie », dit Price en ouvrant la portière. En sortant du taxi, il avise un
clochard sur le trottoir — Une cloche : plus dix points — vêtu d'une espèce de
combinaison de para, minable, immonde, pas rasé, les cheveux plaqués en arrière par
la crasse et, plaisamment, Price lui tient la porte du taxi. Le clochard perplexe, honteux,
marmonne quelque chose, le regard rivé au trottoir, tendant vers nous le gobelet en
plastique vide qu'il serre d'une main hésitante.
— Il ne veut pas le taxi, je suppose, ricane Price, claquant la portière. Demande-lui s'il
prend l'American Express.
— Vous prenez l'AmEx ?

3 commentaires:

Géraldine 4 mai 2010 22:09  

J'ai lu "Moins que zéro" de cet auteur.... C'est bon, je suis vaccinée à vie !

Pickwick 5 mai 2010 15:22  

Un auteur et un titre que l'on m'a recommandé car j'aime les lectures fortes et dérangeantes... ton billet me le confirme ! Je crois que je devrai bien choisir mon moment pour le lire !

Edea 5 mai 2010 22:32  

@ Géraldine: Je retenterai peut-être un autre de ses romans mais pas tout de suite!

@ Pickwick: Il faut le lire, surtout si on aime être surpris et légèrement malmené! Mais il faut bien s'accrocher!

Contactez-moi: grimedea@gmail.com

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