vendredi 3 juin 2011

Même le silence a une fin


4ème de couverture : « Même le silence a une fin raconte les six ans et demi de captivité d’Ingrid Betancourt dans la jungle colombienne aux mains des FARC. Récit intime d’une aventure qui ne ressemble à aucune autre, voyage hanté, palpitant du début à la fin, c’est aussi une méditation sur la condition des damnés – et sur ce qui fonde la nature humaine. »

Je n’ai pas vraiment l’habitude de lire des témoignages de ce type, j’aime plus la fiction que la réalité, mais ce livre est tombé entre mes mains un jour où je m’ennuyais dans la bibliothèque dans laquelle je suis bénévole et je ne l’ai plus lâché. C’est un récit bouleversant à tous les niveaux et qui retourne le cœur. Ce qu'a vécu Ingrid Betancourt dans cette jungle est assez incroyable, mais c’est surtout au niveau du comportement des hommes face à des situations aussi extrêmes que la survie dans la jungle amazonienne que le récit est intéressant, un comportement souvent écœurant, que ce soit du côté des bourreaux ou des prisonniers. Au fil de la lecture, on se demande constamment quelles auraient été nos propres réactions face à des situations compliquées où l’on est obligé de vivre sans intimité avec des personnes qui nous sont étrangères, de lutter pour rester soi-même et de résister au mieux à la tentation de l’égoïsme et de la mesquinerie. Bien sûr, nous n'avons pas la réponse, mais nous avons ce témoignage touchant, prenant, d’une personne avec son histoire, son passé, ses particularités. J’ai été surprise par le ton que l’auteure a adopté pour raconter son histoire, à la fois avec beaucoup de pudeur et beaucoup d’honnêteté semble t-il, elle ne nous cache ni ses faiblesses, ni ses difficultés. C’est un livre passionnant, bien écrit et dynamique alors que 6 années de marches et de routines auraient pu être peu digestes, d’autant que c’est un très gros livre, mais je l’ai dévoré. Pour finir, c’est également un témoignage étonnant sur la fôret amazonienne mais surtout sur les FARC, avec leurs idéaux, leurs revendications, leurs nombreuses contradictions et leur manière de fonctionner.

« Enchaînée par le cou à un arbre, privée de toute liberté, celle de bouger, de s’asseoir, de se lever ; celle de parler ou de se taire ; celle de boire ou de manger ; et même la plus élémentaire, celle d’assouvir les besoins de son corps… J’ai pris conscience – après de longues années – que l’on garde tout de même la plus précieuse de toutes, la liberté que personne ne peut jamais vous ôter : celle de décider qui l’on veut être. »

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